Les minéraux critiques, les corridors stratégiques, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement, le friend-shoring, etc., sont autant d’enjeux, interconnectés, qui s’imposent lourdement de nos jours à la diplomatie économique, mais qui sont désormais fortement dépendants d’une structure : la géopolitique.
Aujourd’hui, les rivalités géopolitiques, les changements de gouvernement, les sanctions, les intérêts stratégiques, le souverainisme et les idéologies redéfinissent partout le climat et l’environnement des affaires. Les enjeux économiques et financiers sont de plus en plus dépendants des questions géopolitiques. L’intelligence géopolitique, entre monitoring (veille), compréhension et analyse stratégique des dynamiques géopolitiques, s’impose comme une dimension nécessaire à la diplomatie économique des États, surtout autour de leurs entreprises et de la sécurisation des chaînes d’approvisionnement.
Jusque-là, l’intelligence économique était la mieux connue des débats comme dimension de la diplomatie économique. Elle met l’accent sur la maîtrise et la protection des informations stratégiques au service des entreprises, des intérêts économiques et commerciaux. Elle est souvent limitée aux dynamiques de marché et à la prise de décision. L’intelligence géopolitique, elle va au-delà. Elle élargit le périmètre traditionnel de l’intelligence économique en intégrant systématiquement les dynamiques politiques, sécuritaires, diplomatiques et géostratégiques..
L’intelligence géopolitique au service de la diplomatie économique pense, surveille, comprend et réagit face aux dynamiques inter-étatiques et intra-étatiques, qui redéfinissent l’environnement économique et financier dans lequel baignent entreprises, institutions, banques, etc. Une sanction d’une entreprise russe, un coup d’État au Mali, un blocus du détroit d’Ormuz, une restriction chinoise sur les exportations de lithium, etc., sont autant d’enjeux qui peuvent affecter non seulement les entreprises mais aussi les États.
L’intelligence géopolitique doit aider à comprendre les problématiques géopolitiques auxquelles une entité est vulnérable, les surveiller, suivre et détecter les signaux faibles de rupture, les opportunités et les risques, et apporter des solutions et des voies alternatives en cas de crise. Autant la diplomatie économique (à l’échelle étatique) doit se mettre désormais au niveau de ces enjeux, autant les entreprises, même les PMEs, doivent comprendre la nécessité de la veille et de l’intelligence économique.